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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 08:58

Résumé des chapitres précédents : Dans sa lutte sans merci contre la NSA, John Smith est en possession d'un logiciel qui lui permet de détecter les messages codés sur Internet. Le logiciel lui a permis de découvrir le sens caché de la phrase «  La prestation de Tatiana Maslyna est impressionnante de bout en bout »

 

Cette nuit le logiciel est revenu avec deux phrases visiblement codées.

« L'urinoir de Duchamp a été vendu 2 millions d'euros ».

« Une armoire à pharmacie IKEA s'est échangée à 1,7 millions d'euros ».

La signification réelle de ces deux phrases n'a pas encore été trouvée, je le regrette.

 

En revanche « Œuvre d'art contemporain » signifie pour le logiciel « Paradis fiscal virtuel » ou « valeur financière transitionnelle défiscalisée ».

 

Je peux comprendre « défiscalisée ». L'achat, la vente et la possession d'une œuvre d'art sont en effet défiscalisés dans une très large mesure. Valeur financière ? C'est moins clair, et pourquoi pointer l'art contemporain ?

Plutôt que de réécrire le programme je me suis renseigné. Il y a deux sortes d'acheteurs, les collectionneurs et les financiers.

Les voies des collectionneurs sont impénétrables au mieux et la présence du mot « fiscal » semble nous guider vers la seconde catégorie.

Le principe est d'acheter un bien pour échapper à l'impôt (sur la fortune par exemple) afin de revendre plus tard avec si possible un bénéfice. Pour une œuvre classique c'est assez simple mais elles sont en nombre limité. Achetons de l'art contemporain : un urinoir d'occasion par exemple. Pour que ça vaille la peine il faut qu'il coute cher.

Ayant dépensé 2 millions d'euros pour notre urinoir, nous devons être certains qu'il se revendra grosso-modo la même somme.

C'est le rôle de la fondation à laquelle nous avons déjà fait un don déductible de nos impôts. En estampillant un artiste et des œuvres « art contemporain » elle nous assure que l'objet acheté ne retournera pas à sa valeur réelle mais restera un placement comme une banque assure la valeur d'un chèque. Payez contre cet urinoir usagé la somme de xxx millions d'euros échappant à l'impôt en quelque sorte. L'objet servant de support à la transaction n'a plus aucune importance dès lors qu'il est reconnu œuvre d'art contemporain. C'est devenu une valeur financière transitionnelle défiscalisé.

 

Pour que le système fonctionne il faut que l'objet soit reconnu œuvre d'art. Sans préparation préalable le contribuable normal refusera d'accepter une pissotière ayant déjà servi comme une œuvre d'art. « Faut pas essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes » dira-t-il en substance et cela pourrait à terme poser problème. Là encore la fondation va aider en organisant les fameuses

« Exposition d'art contemporain ».

 

Si une feuille blanche ornée d'un point noir est une œuvre d'art contemporain, un urinoir d'occasion sera le sera plus encore. Il est donc essentiel que les œuvres exposées n'aient aucune valeur artistique, au contraire, et pour les faire accepter comme telles il faut produire un discours qui vaut littéralement bien plus que son pesant d'or.

 

Le décryptage effectué par le logiciel était donc correct, je n'ai pas à réécrire le programme.

 

Bonne nouvelle.

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Published by John Smith Images - dans Société
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